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ECHO DE BRUAY – La vie Bruaysienne au début du 20ème siècle


En novembre 1900, paraissait le n°1 de l’Echo de Bruay. Il était le journal de la paroisse catholique de Bruay et signé par le curé Bailliet. L’éditorial, sous une photo de la rue qui ne s’appelait pas encore Henri-Cadot et sous une citation de Blaise Pascal, s’adressait « aux hommes qui pensent ».

Si le discours est essentiellement d’instruction religieuse, le patriotisme – jusqu’à la mort – y trouve son heure de gloire, au travers d’une histoire où Français et Prussien s’affrontent: « Se faire tuer pour un drapeau d’enfant! (dit le Prussien en haussant les épaules), c’était un fou! », « non, c’était un Français! ».

Plus loin, des conseils sont donnés aux parents pour l’éducation de leurs enfants. En dernière page de ce premier numéro, on peut lire la vie de Pierre Fontaine, l’inventeur du parachute de mine. Chaque numéro de ce mensuel sera construit autour de ces axes majeurs: la religion, l’éducation, la mine.

Quelques informations tirées des chroniques:

En avril 1901, parait l’information suivante:  » Le bruit s’est répandu qu’un vicaire et deux enfants de chœur auraient été blessés dans un chute du corbillard au tournant de la rue du Centre vers la rue de l’administration. Il n’en est rien: ils en sont quittes pour la peur, Dieu soit loué. ».

Le journal se fait l’écho de données démographiques. En 1902, Bruay dénombre 555 baptêmes, 101 mariages et 229 « sépultures ». La mortalité infantile est très importante. 108 des 229 décès concernent des enfants de 0 à 5 ans.

Le brave curé s’indigne. « Il y a, en France, 432 000 cabarets (1 pour 81 habitants). Sur ce chiffre, Bruay en compte 241 (1 cabaret pour 70 habitants). N’est-ce pas trop? » interroge le saint homme. Autres statistiques: « En 1893, il y avait près de 150 000 bicyclettes (en France); il y en avait l’an dernier (1902), un million deux cent cinquante mille […] Bruay en possède près de 600. ».

Il arrive à notre homme d’Eglise d’intervenir dans la question sociale. En janvier 1906, il écrit un pamphlet dont le titre est tout un programme: « Puisque le Socialisme est impossible, pourquoi le combattre? ».

L’Echo de Bruay se veut le miroir local de son époque et livre dans ses colonnes de mars 1906, la consommation de viandes des habitants pour l’année précédente: « 1 131 bœufs (vaches, plutôt !), 5 651 porcs, 801 veaux, 1 406 moutons, 56 chevaux, 7 chèvres. ». Mais les Bruaysiens boivent aussi:  » 63 172 hectolitres de bières, 2 784 hectolitre de vins et 280 de vins de liqueurs. Eaux-de-vie et spiritueux (d’environ 40 degrés) : 3 200 hectolitres! ». Bruay à cette époque compte moins de 20 000 habitants. Et notre religieux de partir en croisade contre l’alcoolisme !

Enfin, le curé Bailliet, en juin 1908, s’insurge contre les honneurs faits à Emile Zola à l’occasion de son transfert au Panthéon. Une page entière pour condamner l’auteur de Germinal. L’image du pays minier et de ses habitants donnée par l’écrivain est restée comme une arête dans la gorge de l’homme de prières.

On n’ose imaginer la réaction de l’abbé Bailliet revenant à Bruay aujourd’hui !

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